En France, en effet, la profession n'a pas bonne réputation. Si Stéphane Plaza est devenu, grâce à son émission sur M 6, l'agent immobilier préféré des Français, le conseiller est souvent perçu comme un professionnel peu transparent, à la rémunération excessive, qui cherche à faire du chiffre plutôt qu'à aider son client.

 

 Rentrer du mandat à tous prix

Au quotidien, ce métier est fait de patience, de prospection en porte-à-porte et d'estimations gratuites. « Notre objectif est de rentrer des mandats, reconnaît Eric, un jeune agent immobilier. Mais nous accompagnons aussi des gens dans un projet de vie. Et c'est très valorisant. »

« C'est la mauvaise nouvelle de la semaine : un indépendant ouvre à côté de chez nous. Juste à côté ! » Franck, le patron de l'agence Guy Hoquet, lève les yeux au ciel, dépité. Il faut dire qu'une poignée d'agents immobiliers se partage déjà le précieux butin d'Ermont-Eaubonne (Val-d'Oise). Celui des meulières de caractère et des résidences proprettes qui ont poussé en quelques années dans cette banlieue calme, située à moins de 20 km de Paris. « Avec la gare qui dessert très bien la capitale, on attire les Parisiens et les bobos du 92 qui cherchent un peu d'espace pour moins cher », décrypte le quadra, qui a ouvert son agence franchisée il y a deux ans. Depuis, il a recruté deux conseillers et les a formés à partir en chasse de biens à vendre. « Le nerf de la guerre, c'est de rentrer des affaires », challenge-t-il. Il est 9 h 30. La journée démarre.

«Quand il n'y a pas de visite, on va boîter»

Dans le jargon de l'agent immobilier, cela signifie arpenter son secteur, une pile de prospectus sous le bras. Il fait froid, il pleut, tant pis. Direction les copropriétés, plus abritées. Toutes les boîtes aux lettres avalent rapidement les flyers. Même celles floquées d'un autocollant « Stop pub ! ». « Ce n'est pas de la pub, on donne de l'info ! » Cette partie du job n'est pas très stimulante, l'accueil pas toujours agréable. Mais « c'est très efficace » selon le patron.

Des astuces 2.0

Trois clics sur Seloger.com et voilà le coeur d'Eric qui grimpe à 200 pulsations/min. Il est excité. Agacé aussi. Un bel appartement est à vendre sur son secteur... mais chez un concurrent ! « Il n'est pas en mandat exclusif, il faut que je le récupère ! » lance le trentenaire, qui a laissé tomber les études avant le bac pour joindre les deux bouts. Aujourd'hui, Eric prend sa revanche. Costume cintré, chaussures cirées, cravate obligatoire, un rasoir sur le bureau « pour toujours être parfait ». « Je suis passionné par mon job », sourit-il. Alors ce soir-là, en rentrant chez lui, Eric décide de faire un crochet. En à peine deux minutes, grâce aux jardinières roses suspendues au balcon, il repère le bien dans les rues d'Eaubonne. Mais sur place, personne. Eric se ferme. Déçu. Dans la voiture, pas un bruit. « C'est un échec, finit-il par murmurer. Enfin, un semi-échec. Je repasserai demain ! »

 

La Seat de l'agence trace sa route jusqu'à un quartier résidentiel. Belles demeures, grosses commissions potentielles. « On va prospecter, sonner aux portes, demander si les gens ont des projets d'estimation, de ventes, s'ils connaissent des voisins susceptibles d'en avoir », liste Franck.

 

Lire la suite de l'article sur le parisien

Tags : immobilieragentimmobilieragenceimmobilièreguerredesprixachatimmobilierventeimmobilierimmo